Attention mesdames et messieurs, les grands enfants dans un instant, on va commencer…
Toujours le vertige d’entrée de jeu sous la verrière imposante du Grand Palais.
Posés épars ou alignés, odes à la poésie minuscule ou fiers décors géants, le Grand Répertoire célèbre le spectacle vivant en exposant quatre-vingts machinations absurdes, estampillées Royal de Luxe, issues d’ateliers de théâtre de rue, réunies sous le blason magique de l’inutile, de la récupération, du bric-à-brac hétéroclite et ingénieux. Quatre-vingts inventions insolites sorties directement d’un laboratoire Jules Vernien, mâtiné de Tryphon Tournesol : bienvenu au royaume du plaisir potache des projectiles ou « projecssons ». Se faire asperger au milieu d’une foule de badauds, par LE canon à eau géant, goûter la spéciale tartine grâce à la machine à tartiner, au milieu des vélos sortis de la tête, ou à tamponner des empreintes de vache, avant de s’ébahir devant la spectaculaire moto ascensionnelle Hal bop, pour enfin devenir sourd sous les salves croisées de la machine à cymbales (monstrueuses) et de celle à sons du rhinocéros.
Çà et là, un monde étrange, toujours en mouvement de group-uscules ou moins, emboîte fébrilement le pas aux vingt animateurs lilliputiens sur cette scène de 5000 m2, revêtus de teeshirts orange, investis de la tâche délicate de bateleurs facétieux et énergiques. Des baignoires remplies de mousse poursuivent des Chars du Pharaon avant les acrobaties percussives du Giroudoumdoum précédant un tour de chiotte Solex… ereintant.
Un catalogue dérisoire qui sollicite le pas de course, les tympans et les prunelles de façon ubiquiste, entre la machine à casser les verres, le canon à œuf, le canon à neige, le piano à poule, la branletigeuse (ah ?) et l’applaudimètre en la diabolique installation de la machine tête à claque à applaudir.
J’ai loupé, honte à moi, « La machine à regarder les filles droit dans les yeux N°2 »
Si vous y allez avant le 13 août, racontez-moi…
Thomas Morelli
Le grand répertoire
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