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Noël Akchoté - SEXTANT#1
Je ne sais pas au juste ce qu'est un bruit, où ça commence, où cela s'arrête...
Quel rapport entretiens-tu avec le temps? Liberté ou contrainte?
Drôle de question. Mais effectivement tout à fait centrale. Je suis sujet à des cycles. À savoir que de manière quotidienne, en gros, mon cerveau ne fonctionne qu’à l’aurore et au coucher du soleil. Je me lève suivant les jours entre 5 et 6 h du matin et travaille (écriture souvent ou lecture aussi, réflexions, ébauches, etc.) jusque vers 9h. Ensuite je dois attendre suivant les jours 17,18h pour retrouver peut-être une heure valide. Mais de manière plus générale oui ... je suis ce qu’on nomme un obsessionnel pour le dire vite. J‘ai du mal à ne rien faire, un moment libre est plus dangereux pour moi que d’avoir à terminer une chose en cours.
Si on parle du temps à échelle d’années, de longues périodes de 5 ans ou plus ... je ne me pose plus vraiment la question. Il se trouve que je suis assez inapte à faire autre chose que ce que mes désirs me dictent. Mais depuis assez longtemps maintenant aussi tout cela s’enchaîne assez naturellement. Je crois que le désir produit aussi du désir (pas que loin de là, l’inverse aussi) en face. C’est cet état de désirance qui fait sans doute que l’on me demandera ce que je voulais à un moment juste, celui de latence qu’il faut des deux côtés pour qu’une idée, un projet soit dans le possible.
Comment tes manifestations bruitistes prennent-elles sens dans tes compositions? la musique peut-elle n'être qu'un assemblage de bruits?
Je ne sais pas au juste ce qu’est un bruit, où ça commence ou cela s’arrête ... même une "nuisance sonore" c’est très subjectif de dire cela ainsi. Disons que comme improvisateur, j’ai de très longs temps à tourner et retourner une idée (pas sur l’instrument, jamais, dans la tête, dans la rue ), à faire que quelque chose puisse arriver et à un moment je sens que je vais pouvoir déposer cela sous une certaine forme qui sera peut-être simplement une étape. Avec les années aussi j’ai de plus en plus besoin de travail à titre personnel, je veux connaître le plus possible mon sujet pour enfin pouvoir JOUER avec ... sans cela l’improvisation n’a pas de sens, il faut avoir quelque chose à perdre pour jouer à cela, si c’est du répertoire, c’est une tout autre histoire et je ne choisirais pas celui de ces musiques dans ce cas. Je pense que comme dans tout il s’agit d’avoir un besoin terrible de dire une chose et d’être réinventé, sauvé même parfois, par ce geste. Sans vouloir en rajouter, l’art est une chose pas une personne. Une pièce devient comme une borne d’un dire. C’est là, ça n a plus besoin de gens autour, de filiations, c est UN DIT POSÉ...dit-mension dit Lacan.
La pluridisciplinarité est-elle une nécessité?
Là non plus, ça ne se pose pas en ces termes. Ça n’est pas pluri, multi, une fuite ou de l’éclectisme chez moi. C’est ainsi, j’ai un gros appétit dans la vie. Être et faire une seule chose m’ennuie profondément et chaque forme ou type de travail nourri l’autre. Si je prends le long-métrage de Thierry Jousse par exemple, après pas mal de mois de travail nous sommes arrivés à placer une musique (Alike Joseph, des Solos ) sur des scènes quasi dans le noir de couples au lit et c’était ce que ces musiques disaient déjà depuis quelques années, dans le film elles ont trouvé leur véritable sens, c’est un exemple de ma manière d’envisager les choses. Le style et l’improvisation en tant que tel, je vais le trouver à des niveaux d’intensités égales chez Lacan, Bailey ou Guitry, de là viendront la parole et la diction… Et beaucoup plus qu’en simplement écoutant tous les guitaristes improvisateurs libres (je le fais en plus ça, les catalogues, tout écouter mais c’est vraiment de la cuisine interne, je n’imagine pas que cela puisse intéresser qui que ce soit sauf 2 ou 3 personnes) peut-être qu’un jour, j’en ferai une histoire du Jazz, juste pour dire celle que j’entends et sans doute régler certaines choses.
Quels sont tes prochains projets? Pourquoi ceux-là?
KYLIE MINOGUE en solo pour Winter & WInter parce qu’elle me semble une des grandes tragédiennes de l’histoire. Un mélange de théâtre grec et de MTV Gala. Presque pire que Lady Diana.
Et une réédition de l’album ALIKE JOSEPH sur le label Shamadisound de David Sylvain. La sortie en janvier du DVD et de l’album CD du film les INVISIBLES de Thierry Jousse … j’en oublie toujours.
Je ne suis pas bon vendeur, très mauvais même…
Retrouvez l'intégralité de cette interview dans Sextant #1